Les chauffeurs de taxi de la région de Montréal et, j'imagine bien aussi ailleurs au Québec en arrachent. Ils travaillent durs et font des heures de fou pour arriver à se faire un salaire potable. Tout le monde le sait et j'en avais même parlé lors de mon dernier billet.
Mais il n'y a pas que les mauvaises nouvelles dans la vie. Heureusement ! Et c'est ce qui me donne envie de vous parler de mon client régulier. Celui que j'embarque au même endroit à chaque deux fins de semaine. Depuis plus d'un an maintenant. Je ne me souviens plus de son prénom mais on se reconnait. C'est le principal, comme il me fait remarquer.
Ce monsieur travaille dans une boulangerie de Boucherville, dans le quartier industriel à l'ouest de l'autoroute 20. Car il faut spécifier ici qu'il y a deux quartiers industriels bien spécifiques. Un à l'est et l'autre à l'ouest de l'autoroute Jean Lesage.
Des compagnies bien connues telles les entrepôts Rona et Provigo, Sobeys, les imprimeries Interweb (Transcontinental) qui impriment des quotidiens comme La Presse, des magazines québécois reconnus, mais également des magazines pornos (Hustler) et des clients que nous transportons régulièrement comme Purolator et Interweb (transport de courriers) font parti de notre clientèle régulière.
Hier soir, il m'attendait comme à son habitude à la station Ultramar du boulevard de Mortagne. Tel une horloge bien réglée et précise au quart de tour, il m'attendait près de la porte. Aussitôt stationné devant le commerce, il sort et en me voyant, me fait un sourire en coin et embarque, fidèle à ses habitudes, sur le même côté du siège arrière. Mais cette fois-ci, il avait un sac de pains qu'il tenait sur lui. Suir le coup, je n'avais pas remarqué et ce n'est qu'en arrivant chez lui que j'appris ce qu'il contenait réellement : du pain aux raisins et à la canelle. Un délice.
Cela faisait quelque temps que j'agaçait mon client de vouloir m'apporter son pain aux raisins. Je voyais bien qu'il en rapportait de son travail et comme ces produits ne lui coûtait presque rien, je m'étais risqué à lui demander. À ma grande surprise, il avait accepté. Le trajet pour se rendre à sa résidence était court mais le temps passait vite quand on jasait durant le trajet.
En arrivant, il me paya et me remis un sac contenant deux espèces de baguettes de pains aux raisins et à la canelle sur le siège de droite. Ceux-ci dégageaient encore une douce odeur de canelle tellement ils étaient encore frais. Comme je lui offrais de le rémunérer pour sa gentillesse, il déclina mon offre poliment. Depuis le temps que je lui en parlais et qu'il les oubliait au boulot, c'était la moindre des choses, me disait-il.
J'ai donc trimballé ce sac de pain sur le siège avant toute la nuit durant. Et comme mon quart s'est avéré plutôt calme qu'aussitôt minuit sonné, je me suis réfugié dans mon livre de mots mystères. Le temps passait passablement vite mais je m'occupais l'esprit. J'avais tout de même hâte de goûter à cette merveille. Accompagé de beurre, ce sera un vrai délice...
Bon déjeuner !