lundi 5 octobre 2009

Maison à vendre


Il faut cliquer sur l'image pour accéder au site Web explicatif

C'est extrèmement rare que je publie deux billets le même matin. La raison ? J'aimerais pouvoir aider mon amie Lionne à vendre sa maison de Sainte-Hyacinthe, une ville charmante et tranquille. Si vous cliquez sur la photo ou le lien ci-dessus, vous aurez plus de précision la concernant.

Je sais que notre Lionne, malgré sa force de caractère et son courage qui la caractérise si bien est à bout de force, au bout du rouleau comme on dit. Cette situation, comme elle le dit elle-même, la vide de ses forces. Son tout récent billet m'a d'ailleurs bouleversé. J'ai donc décidé de faire ma part en publiant sa maison sur ma page et sur Facebook simultanément.

Je vous invite à passer le mot et à en faire autant sur vos blogues respectifs en guise de solidarité pour notre Lionne. Elle a besoin de notre soutien moral. Faisons preuve d'entraide... Merci !

P.S.: J'aurais peut-être donc dû demander la permission avant de publier cette photographie ! Je suis trop impulsif...
Ma signature autorisée

Un cadeau succulent


Les chauffeurs de taxi de la région de Montréal et, j'imagine bien aussi ailleurs au Québec en arrachent. Ils travaillent durs et font des heures de fou pour arriver à se faire un salaire potable. Tout le monde le sait et j'en avais même parlé lors de mon dernier billet.

Mais il n'y a pas que les mauvaises nouvelles dans la vie. Heureusement ! Et c'est ce qui me donne envie de vous parler de mon client régulier. Celui que j'embarque au même endroit à chaque deux fins de semaine. Depuis plus d'un an maintenant. Je ne me souviens plus de son prénom mais on se reconnait. C'est le principal, comme il me fait remarquer.

Ce monsieur travaille dans une boulangerie de Boucherville, dans le quartier industriel à l'ouest de l'autoroute 20. Car il faut spécifier ici qu'il y a deux quartiers industriels bien spécifiques. Un à l'est et l'autre à l'ouest de l'autoroute Jean Lesage.

Des compagnies bien connues telles les entrepôts Rona et Provigo, Sobeys, les imprimeries Interweb (Transcontinental) qui impriment des quotidiens comme La Presse, des magazines québécois reconnus, mais également des magazines pornos (Hustler) et des clients que nous transportons régulièrement comme Purolator et Interweb (transport de courriers) font parti de notre clientèle régulière.

Hier soir, il m'attendait comme à son habitude à la station Ultramar du boulevard de Mortagne. Tel une horloge bien réglée et précise au quart de tour, il m'attendait près de la porte. Aussitôt stationné devant le commerce, il sort et en me voyant, me fait un sourire en coin et embarque, fidèle à ses habitudes, sur le même côté du siège arrière. Mais cette fois-ci, il avait un sac de pains qu'il tenait sur lui. Suir le coup, je n'avais pas remarqué et ce n'est qu'en arrivant chez lui que j'appris ce qu'il contenait réellement : du pain aux raisins et à la canelle. Un délice.

Cela faisait quelque temps que j'agaçait mon client de vouloir m'apporter son pain aux raisins. Je voyais bien qu'il en rapportait de son travail et comme ces produits ne lui coûtait presque rien, je m'étais risqué à lui demander. À ma grande surprise, il avait accepté. Le trajet pour se rendre à sa résidence était court mais le temps passait vite quand on jasait durant le trajet.

En arrivant, il me paya et me remis un sac contenant deux espèces de baguettes de pains aux raisins et à la canelle sur le siège de droite. Ceux-ci dégageaient encore une douce odeur de canelle tellement ils étaient encore frais. Comme je lui offrais de le rémunérer pour sa gentillesse, il déclina mon offre poliment. Depuis le temps que je lui en parlais et qu'il les oubliait au boulot, c'était la moindre des choses, me disait-il.

J'ai donc trimballé ce sac de pain sur le siège avant toute la nuit durant. Et comme mon quart s'est avéré plutôt calme qu'aussitôt minuit sonné, je me suis réfugié dans mon livre de mots mystères. Le temps passait passablement vite mais je m'occupais l'esprit. J'avais tout de même  hâte de goûter à cette merveille. Accompagé de beurre, ce sera un vrai délice...

Bon déjeuner !
Ma signature autorisée

samedi 3 octobre 2009

Les temps changent


Je suis stationné sur le poste habituel. Celui de nuit. La rotation arrivera dans quelques minutes. C'est à dire que le répartiteur devra prendre en note les voitures en attente et les faire sortir avant d'ouvrir les postes de jour.

Je me suis décidé à faire un dernier voyage avant de terminer mon quart de travail. Une nuit plutôt paisible si je me fie à mon pactole.

Normalement, les vendredis rapportent davantage que le maigre $167.00 ramassé en une douzaine d'heures. Cela dure depuis plusieurs mois maintenant que ces journées font piètre figure si je les compare à l'année dernière, année à laquelle je débutais comme chauffeur de taxi à Boucherville, soit le 14 juillet 2008.

Je me souviens clairement d'avoir bossé moins d'heures mais je pouvais garantir un meilleur salaire à ma famille. Payé à 40 % du montant total inscrit sur le compteur, moins la facture de l'essence que le propriétaire devait assumer, je pouvais m'en tirer avec un montant hebdomadaire estimé à environ deux cent dollars. Ce qui me valait quelque $80  plus les extras.

De plus, les débuts de semaine étaient meilleurs puisque j'étais pratiquement le seul à conduire mon taxi à travers cette petite ville de quelque 50,000 âmes. Mes confrères ayant l'habitude (pour moi) de prendre congé les lundis et mardis. Pour ainsi dire, j'avais la ville juste pour moi. Et c'était le bon vieux temps. J'en parle comme si cela s'était produit il y a 20 ans mais à peine un an s'était écoulé depuis cette période.

Aujourd'hui, nous sommes un peu plus de quatre taxis à se partager ce territoire ces deux mêmes jours, récession économique oblige. Les propriétaires ayant le droit d'embaucher un deuxième conducteur à prendre les appels sur les ondes radio, on peut les voir déjà à pied d'oeuvre sur le quart de nuit alors que son patron se farcit le jour, ayant la priorité comme boss.

Le pire dans tout ça, ce sont les appels qui ont diminués et qui continuent de chuter malgré le nombre de voitures en augmentation. J'ai connu un vendredi où, complètement découragé par mes huit heures durement gagnés j'avais à peine amassé un maigre $20.60, entre 18h00 et 1h20 du matin. J'ai dû quitter et rentrer chez moi, écoeuré.

Nous sommes deux à devoir attendre en rotation sur le poste 30 de nuit. Après mon départ pour un appel quelconque, les postes de jour seront ouverts. Le premier reçoit son appel et je prend la première position, prêt à partir pour un appel chanceux ou non. Peu importe l'appel, celui-là sera mon dernier. Il ne tardera pas à se manifester d'ailleurs.

Marc m'envoit l'appel dans mon  radio-taxi via l'ordinateur de la centrale. Je dois me rendre au bar La Commission des Liqueurs, un club ouvert récemment. Il l'était déjà à mon arrivé en juillet 2008. Pourtant, je pestais à l'idée de devoir prendre des restants de bars qui auraient dû avoir quitté les lieux depuis belle lurette. Putain, ma journée avait mal débutée et se terminerait de la même façon. J'espérais que mon client soit déjà parti mais j'avais l'intuition que mon client se montrerait le bout du nez.

En fait, ils étaient trois. Ils sont arrivés de l'arrière du club par l'entrée de côté. Leur démarche incertaine trahissait leur goût pour l'alcool mais en trottant rapidement vers ma voiture, ils avaient réussi à demeurer debout. Un exploit qualifié de rare si j'en crois mon expérience.

Mes trois zigotos à bord, je reçu les directives de me rendre à quelques patés de maison à peine. Le voyage se fit sans mal et mes clients débarquèrent sans problème. Le montant au compteur affichait $8.20 en lettre rouge qui, dans la pénombre, pouvait éclairer la partie avant de l'habitacle. J'entendais le jeune fouiller dans ses poches à la recherche de sa monnaie. Je pouvais entendre les pièces teinter entre ses deux mains.

Comme je ne pouvais pas me tourner la tête complètement vers mon passager, je ne pouvais voir que sa main ouverte et sa monnaie tomber dans le creux de la mienne. Je voulais éviter que l'une d'elle ne tombe entre les deux sièges et m'obliger ainsi à les rechercher en sortant à l'extérieur. Et comme il pleuvait averse...

Mais les pièces tombèrent toutes dans la paume de ma main droite en résonnant les unes sur les autres. La lumière du plafonnier en fonction, je dû compter les pièces rapidement : je craignais un départ précipité de mon client qui ne tenait plus en place. Ces deux comparses l'attendait sur les marches de leur maison.

Le comptage terminé, je lui remis un cinq cent (celui avec le castor) en lui tendant la pièce à bout de bras. Il refusa net mais j'insistai. Vous en avez besoin plus que moi, lui avais-je répondu. Le pire dans toute cette histoire, ces jeunes avaient, selon la conversasion interceptée tout en conduisant (je conduis peut-être mais je ne suis pas encore sourd), dépensés tout leur fric en boisson et en bouffe pendant la soirée. Et maintenant, moi, chauffeur de taxi mal rémunéré, j'en payais les frais.

Je sais pertinemment que cela fait partie de mon métier. Malgré mes bonnes manières, malgré ma bonne volonté, malgré les bons services et malgré tout, je devais l'accepter même si cela était inacceptable. Pour moi du moins. Devoir remettre la monnaie, fut-elle petite à un client ne me plaisait guère. Pourtant, c'était ma façon bien à moi de protester, de faire comprendre à ce rustre que sa conduite était un manque flagrant de politesse et de courtoisie.

Je sais qu'il avait bu. Mais m'aurait-il remit le même change (un minime 5 cents) en étant à jeun ? Je ne saurais dire. Mais ce qui est fait est fait et je ne voudrais certainement pas revivre ce call de fin de nuit. Pourtant, je sais pertinemment qu'il y en aura d'autre. Comme il y aura des clients ou clientes qui m'offriront des pourboires qui dépasseront largement mes attentes. Pour cela, j'imagine que le destin ne demande qu'à réparer (ou équilibrer?) certaines erreurs de parcours ?
Ma signature autorisée

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