mardi 10 février 2009

Code 13

Agression de deux chauffeurs de taxi montréalais

Une autre agression contre un collègue de travail montréalais est arrivé hier midi en pleine rue du centre-ville. Le chauffeur de taxi est maintenant dans le coma et sa vie serait en danger. Pourtant, il y aurait eu meurtre si le code 13 n'avait pas été lancé à temps et si, grâce à cet appel, un autre collègue n'était pas arrivé en grande vitesse sur les lieux de l'agression. Pour les infos de l'heure, cliquez sur ce lien.

À l'heure où les chauffeurs se demandent encore s'ils devront risquer à nouveau leur vie en attendant que le gouvernement bouge sur un plan d'action efficace, le Portugal, et plus précisément la ville de Lisbonne viennent d'implanter un bouton d'alerte qui s'avère déjà prometteur. En effet, aussitôt qu'une alerte est activée, la police pourra localiser l'agression et entendre les conversations à l'intérieur du véhicule de taxi. Le programme taxi sûr est déjà en marche et plus de 700 taxis en sont équipés.

Évidemment, ce bouton devra être installé en deux endroits séparés et cachés, et ce, pour la sécurité même du conducteur : soit dans l'habitacle et placé bien en vue et dans le coffre, pour le cas où le chauffeur serait emprisonné à l'intérieur de son véhicule. Pour la 2e option, la plupart des véhicules de taxi sont équipés d'un dispositif d'ouverture à l'intérieur même du coffre.

Le plus ironique dans tout ça, c'est que notre bon gouvernement provincial va sûrement attendre que le coroner déclanche une enquête publique avant de faire des changements. Ironiquement, un autre chauffeur avait été agressé en septembre 2006. Aujourd'hui, ce travailleur d'origine arabe se sent «coincé et stressé» par son métier. Il dénonce les conditions de travail de ses collègues et avec raison.

La jeune clientèle devient plus agressive, plus violente. Ils trouveront souvent le moyen de ne pas payer leur course, soit en s'enfuyant ou soit en volant carrément, à l'aide d'une arme quelconque, le conducteur de taxi naïf. On suggère pour aider ces travailleurs autonomes le système de repérage GPS ainsi que des vitres blindées. Le premier choix serait l'idéal et moins coûteux que le deuxième choix, il va s'en dire.

Ma suggestion à moi serait celle-ci : l'installation d'une caméra de la taille d'une webcam. Et elle a fait ses preuves. Si jamais vous partez pour Ottawa et que vous prenez Blue Line, la compagnie de taxi de cette ville, regardez autour de vous, juste au cas où vous ne trouviez pas de caméra. Mais gare à vous car aussitôt la portière ouverte, n'importe laquelle, une série de cinq (5) photos seront prises de manière à pouvoir montrer l'intérieur entier de la voiture. La même chose se produira lorsque la personne ouvrira sa porte, ce qui activera l'appareil pour une seconde série de photos.

Selon Cyberpresse.ca, les caméras récemment installés ont déjà servies à identifier des individus déjà accusés d'agression. Le système coûterait au bas mot la modique somme de $800 aux chauffeurs de taxi d'Ottawa. Sur 182, seulement une centaine ne sont pas encore munis d'un tel système. La ville leur donnerait une période de grâce d'environ deux semaines pour être conforme.

Quant au système GPS (Global Positionning System), plusieurs compagnies de taxi sont sur le point de l'implanter à leur flotte (les propriétaires-artisans). La compagnie qui m'emploi procède actuellement à l'implantation et à des simulations de ce GPS. Mais nous savons tous qu'un tel système aura des avantages mais aussi quelques inconvénients. Il faudra attendre encore quelques années - plus ou moins 5 - pour voir le résultat.

En ce qui concerne le code 13, il est connu et utilisé par tous les chauffeurs de taxi pour désigner une forme d'agression violente et physique. Lorsqu'un code 13 est transmis sur les ondes radio, les chauffeurs accourent et arrivent, plus souvent qu'autrement il faut le dire, sur les lieux avant même l'arrivée des policiers. Peu importe l'heure qu'il sera ou peu importe le temps qu'il fera, la solidarité entre chauffeurs de taxi demeure tout de même légendaire. Même si une dispute survenait entre deux collègues, ils sauraient mettre leurs différents de côté, leur banale dispute (bien des fois pour des peccadilles) pour ainsi préserver la vie et la douleur, quelle soit physique que moral.

Mais pour pouvoir répondre efficacement à un «13», il faut oublier le code de la route et faire comme s'il n'existait pas pendant un court laps de temps. Je n'ai pas dit de conduire comme des cow-boys, à haute vitesse dans les rues où les limites de vitesse varient entre 30 et 50 km/h. Mais simplement de faire nos arrêts à l'américaine (vraiment, vraiment, vraiment à l'américaine) et de brûler quelques feux rouges, les faire comme des arrêts (surtout la nuit lorsqu'il y a moins de circulation).

De toute façon, on a pas vraiment le choix de répondre à un 13 puisque le répartiteur peut arrêter de diffuser les appels sur les ondes radio en attendant l'arrivée des chauffeurs dans la zone de l'incident. En fait, si je suis moi-même trop loin de l'endroit, je ne suis pas obligé de m'y rendre, comprenons-nous bien.

En ce qui me concerne, j'ai eu à lancer trois codes 13 dans ma carrière de chauffeur de taxi. Je touche du bois en vous confiant ça mais j'ai été chanceux dans ma malchance. La pire des 3 a eu lieu à Longueuil sur le boul. Ste-Foy, il y a de cela plusieurs années. Mais je vous en reparlerai un peu plus tard avec votre permission.

Pour le moment, je vais aller dormir...

Jean-François

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11 commentaires:

L'Adulescente a dit…

Ayoye!!

Et bien fais attention à toi! Le métier que tu fais comporte des risques...

:)

Jean-François a dit…

@ L'Adulescente : Malgré mon expérience (une bonne dizaine d'année au moins) et mon intuition, je ne pourrais pas affirmer que je suis totalement à l'abri du danger.

En général, mon intuition et mon expérience m'aide beaucoup. À chaque soirée de boulot, je pense à ma famille (mes enfants et petits-enfants) et cela m'aide à rester prudent... ;)

Mike a dit…

Bilan de 26 ans de taxi dans une petite ville(15,000 h.) en région.
-Agression physique avec visite a l'hopital ; 1 fois, 6 ou 7 points de suture, cicatrice.
-Agression physique simple, black eye pour 2 semaines ; 1 fois
-Grosse frousse sur des voyages de longues distances(motards,dealers de dope,client en manque de dope) 7 ou 8 fois
[Parenthese; client/cliente en manque de dope= très,très,très,très, stressant]
-voyage longue distance refusé par cause de client louche ou agressif ; 2 fois (2 excellentes décisions)
-vandalisme sur l'auto ; 3 couteuses, 2 vitres de coté, 1 pare-brise.
-prises de bec pour toutes sortes de raison ; ,,,,,,,,des centaines.
-porte claquée par des client insatisfaits ou morons ; des centaines.
-mots doux(f*** you) et doigts d'honneur ; des centaines.
-coups de pieds sur la voiture ; des dizaines.
-la satisfaction de refuser quelqu'un avec qui on a déjà eu des problêmes, surtout s'il pleut des cordes ou
qu'il fait -30 ; PRICELESS

Drew a dit…

J'étais certain que t'allais en parler quand j'ai lu ça ce matin.

Mais moi j'croyais qu'il y avait du êtage de yeule en prime...

dounces

L'aubergiste en devoir a dit…

Il est certain que dans un métier comme le tien, ou tout autre métier dit à risque, l'expérience ne sert qu'à devenir encore plus prudent et conscient du danger et n'exclut pas le risque réel d'agression.

Je travaille dans un métier dit "à risque" également et je dois avouer que la solidarité de l'équipe lors d'un code quelconque nous fait sentir un peu moins la solitude qui peut peser.

Cependant, faut-il encore que les autres aient le temps d'arriver avant la cata. C'est un peu comme être funambule sur une corde, hein?

Sacré société!

Yano a dit…

Belle solidarité entre collègues, ce gars est un héros! Certain que tu as notre permission pour écrire ça...

Jean-François a dit…

@ Mike : On sait que tu as pas mal plus d'expérience que mon p'tit 16 ans...

Et pourtant, tout ce que tu décris, ben je l'ai vécu aussi. Sauf pour la fois où j'avais dû crisser un couple de saoûlons qui ont faillis se tapper dessus (mais qui gueulaient!) dehors.

Ils étaient chanceux que je ne sois pas en plein milieu de nowhere (A-30 en plein milieu de champs de maïs)... Merci pour ces précisions ;)


@ Drew : Ben plus que du simple «pétage de yeule» comme tu dis. Je dirais plutôt tentative de meutre et vol qualifié!

Le chauffeur gravement atteint est encore dans le coma...Triste, vraiment...:(


@ L'aubergiste en devoir : Et tu as bien raison... Je touche du bois il faut dire mais je me trouve chanceux de ne pas avoir été agressé (sauf une fois à Boucherville et par un client en état d'ébriété de Varennes) sévèrement.

Parcontre, un de mes collègues et bon ami l'avait été et son état était inquiétant... Il a vendu son permis et est à la retraite. Un bien pour un mal ? Possible si on le prend du bon côté... :)


@ Yano : Peu importe le territoire de travail, on est tous collègues dans ce métier...;)

Drew a dit…

Nenon t'as mal compris...

Un coup les chauffeurs de taxi arrivés sur les lieux, ils brassent pas la cage du criminel untipeu?

thpic

Jean-François a dit…

@ Drew : Aaaah! Ben vu de cette manière et si les gars arrivent AVANT les forces de l'ordre, ce qui se fait sans difficulté, oui ça c'est déjà vu...

Autant que les policiers se protègent entre eux pour couvrir leurs bourdes, autant les chauffeurs de taxis vont se couvrir pour «punir» et envoyer aussi un message clair à des individus sans scrupules qui s'attaquent à nous en pensant qu'on possède détenir le coffre-fort d'une banque.

Le plus désolant, c'est de constater que la plupart des chauffeurs de taxi ne gardent que le minimum d'argent liquide sur eux,justement pour éviter d'attirer la convoitise. Et pourtant, le sort continue de s'acharner...

Mais «brasser la cage» ne serait pas l'expression employée pour ces cas-là... Je dirais plutôt «donner une criss de volée»... ;)

Anonyme a dit…

On veut les histoires de code 13

Jean-François a dit…

@ Anonyme : Je vais en raconter une à mon retour de vacance... :)

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