lundi 26 janvier 2009

L'alcool et le taxi

Je ne sais pas trop si je coure après les clients malades ou non mais il semble de plus en plus qu'à la veille de terminer mon quart de travail, je tombe sur ce type de clientèle. Des jeunes, surtout et apparemment. Pourquoi encore moi ? Franchement, je l'ignore et même si je le savais, je m'arrangerais bien pour éviter ce piège merdique et puant qui m'irrite au plus haut point.

Dimanche matin, je dois me rendre à l'adresse d'une résidence située dans un quartier bien ordinaire mais tout de même à proximité du quartier industriel. Je stationne devant la maison en question et quatre jeunes, deux filles et deux garçons arrivent vers moi. L'un d'eux soutiennent l'une des jeunes filles. Plutôt grassette et coiffée d'une casquette blanche de capitaine de bateau, les gars l'installe sur le siège arrière côté droit. Tout le monde bien assis et attachés sécuritairement, et après avoir reçu la consigne pour la direction à prendre, je quitte les lieux en direction de St-Lambert.

En chemin, mais n'ayant pas encore quitté la rue de ladite maison, je demande aux jeunes si la fille «à la casquette» va pouvoir tenir tout le voyage. Qu'elle ne sera pas malade en route. Le garçon assis directement à sa gauche lui demande plus fort (elle avait tendance à s'assoupir, comme la plupart des gens ayant consommés de l'alcool) et répond clairement qu'elle ne sera pas malade. Depuis quelques temps, j'ai appris à me méfier de ce genre de réponse. Vous en aviez d'ailleurs eu la preuve avec une publication, version «allongées» sur le sujet, l'an dernier.

Sa réponse ne m'avait pas paru satisfaisante. Je reconnaissais surtout le même regard que des clients/es d'alors avaient déjà eu et qui avaient par la suite, à plus ou moins brève échéance, généreusement dégopillé sur la banquette arrière du taxi. Cette cliente allait me refaire le même coup. J'avoue pour sa gouverne qu'il est surement difficile de ne pas être malade dans une voiture qui roule et dont le paysage défile assez vite. Sans parler des vibrations et des imperfections de la route qui n'aide en rien.

J'attend donc au feu de circulation qui me permettra de prendre la bretelle pour atteindre la voie rapide de la 20 (Nord) Ouest, puis l'autoroute 132 vers l'Ouest également. Le feu passe au vert et je vire pour emprunter la bretelle d'accès sur la 20 quand j'entends un gargouilli provenir de l'arrière. Sans regarder, je gare la voiture et place le bras de vitesse sur «P». Tout s'est déroulé en une fraction de seconde. Un mini geyser est sorti de la bouche de mademoiselle «à la casquette» et le frais liquide chaud et nauséabond a aspergé une partie des pantalons de son copain et passager assis «drette» à côté.

J'ai recommencé à paniquer. L'odeur qui se dégageait rapidement derrière moi était insoutenable. J'avais même oublié d'ouvrir la fenêtre dans ma panique. Mais le mal était fait et je devais continuer le voyage pour pouvoir les débarquer au plus sacrant et nettoyer la voiture le plus rapidement possible. Il était presque 2h30 du matin.

Étant reparti, les trois autres jeunes dont la jeune fille qui était assise à ma droite étaient mal-à-l'aise et ça se voyait. Elle m'a dit qu'elle était vraiment désolée pour l'autre fille et qu'elle allait m'aider à nettoyer la voiture avec ses copains en arrivant chez ses parents. Ce n'était pas vraiment elle et ses chums que je blâmais mais la raison qui l'avait amenée à être malade dans l'auto : l'alcool et aussi le fait que cette jeune femme n'aie pas pu ou voulu se contrôler à bien boire. Tu peux boire mais de façon responsable. Me semble que c'est pas bien dur à comprendre...

Je sais parfaitement que mon travail me demande de reconduire les gens en état d'ébriété. C'est ma job et je l'assume. Mais jusqu'à une certaine limite aussi. Ce n'est pas parce que vous êtes ivres à l'excès que ma voiture devrait se transformer en sacs à vômis. Pousse mais pousse égal. Sachez aussi que nous ne sommes pas obligés de vous prendre si on constate que vous n'êtes pas en état de marcher ou en état de parler. On préfère vous laisser vous dégriser un peu plus.

Donc j'embarque sur la voie rapide de la 132 vers l'Ouest et je roule un bon 3-4 minutes déjà que j'entend un autre gargouilli sonore et sinistre provenir de la gorge de la dame «à la casquette». Je me tasse de nouveau sur l'accotement et après avoir immobilisé le taxi, je me retourne craintivement pour assister à ce triste et lamentable spectacle, un déjà vu que j'aurais voulu remiser au fin fond de ma mémoire. La fille venait de recommencer la séance d'arrosage et semblait en épandre généreusement sur son compagnon voisin. Celui-ci, dégoûté, aurait voulu l'abandonner dehors malgré le froid glacial qui sévissait. Mais la loi m'en emêchait et, de toute manière, ça ne se faisait pas.

Après être demeurée quelques minutes à l'extérieur et en étant bien certaine qu'elle allait mieux, je suis reparti vers ma destination. Après avoir stationné le taxi, les jeunes sortis en vitesse et l'autre demoiselle, plus sobre et plus aimable certainement, m'ayant payé la course, elle me remis un vingt dollars additionnel pour les dégâts causés par sa copine. Et elle me jura qu'à l'avenir, elle serait plus prudente et plus adroite pour détecter ce genre de comportement avant de «caller» un taxi.

Après l'avoir remerciée, je suis reparti en direction du garage le plus proche. Je devais nettoyer ce «mess» qui était pire que je l'aurait cru en réalité. D'ailleurs, mon quart de travail n'était pas terminé tout à fait. Je ne sais pas comment j'ai fait pour tout nettoyer mais avec ce froid, la vitre arrière avait gelé avec le produit que j'avais dû prendre pour enlever les taches collées dans la fenêtre. Plus la moitié de la banquette, plus le tapis sauf-pantalon et la portière intérieure. Une vrai sinécure. Avant de quitter le garage Esso, j'avais placé des pages de journal sur le siège pour éviter que la clientèle ne s'y assoit par mégarde. Le siège n'était pas encore sec, loin de là.

J'ai quand même réussi à terminer avec un bon voyage vers Longueuil et un petit dernier vers l'aéroport. Ma seule crainte : avoir plus qu'un passager. Et lors de ces deux voyages, j'avais eu un passager à la fois, et elles étaient toutes bien installés à mes côtés. Heureusement pour moi...

Bonne nuit !

P.S. : Avez-vous déjà entendu parler du Cyclo-Défi contre le cancer ? Connaissez-vous quelqu'un au prise avec cette maladie ? On s'en reparle bientôt !

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2 commentaires:

Toutarmonie a dit…

Wouach!!!! Dégueu...!
Ca ne donne pas le goût de conduire un taxi ca! Et ca fait réfléchir aux banquettes de ceux-ci...!

Pas évident ton travail...!
Mais dis donc, ca doit encore sentir mauvais dans ton taxi?

Oui, j'ai entendu parler du cyclo-tour Mtl Qc pour le cancer. Une amie m'a demandé d'y participer avec mon chum et mes amis cyclistes... mais vois-tu, bien que j'approuve la cause, si tu vas sur leur site, tu remarqueras que tout cela est organiser par un hôpital... et je préfère ramasser de l'argent quand je sais que cet argent aidera VRAIMENT des gens... Je me méfie de toutes ses campagnes de financement! Je n'ai peut-être pas raison, mais voilà.

Je te souhaite une semaine de taxi sans... vomissures! Beurk....!

Jean-François a dit…

@ Toutarmonie : Comme on dit : ça prend du monde pour faire un monde...

Rassures-toi, le taxi est déjà tout propre et net. Y'a même du «febreeze» que je laisse dans l'auto en cas où.

L'hôpital Général Juif, je sais. Mais peu importe qui en est l'instigateur, l'important pour moi est de pouvoir aider cette personne à réussir ce à quoi elle croit.

Et comme son père est lui-même décédé de cette maladie, elle croit en cette cause de pouvoir amasser des fonds pour contrer ce cancer qui tue par milliers...

Autant l'hôpital Ste-Justine amasse des fonds pour le cancer du sang alors pourquoi les autres centres hospitaliers ne pourraient pas en faire autant ? S'ils en ont les moyens, alors great!

Merci de ton commentaire ma chère :-)

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